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JOURNEES PASTORALES 2006

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JOURNEES PASTORALES 2006

ARCHIDIOCESE DE KISANGANI

B.P. 505

KISANGANI

 

 

 

 

JOURNEES PASTORALES 2006

25-27 septembre 2006

Adresse de Mgr l'Archevêque

 

Chers Amis,

 

Le 8 mai 1994, l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques fermait ses portes après quatre semaines d'intense labeur au cours desquelles, sans complaisance, les pères synodaux réunis autour du Successeur de Pierre ont fait l'évaluation des ombres et des lumières, des joies et des peines, des angoisses et des espoirs des peuples d'Afrique. L'évaluation était axée sur 5 chapitres: évangélisation, inculturation, dialogue, justice et paix, moyens de communication sociale.

 

Pour ce qui est des ombres et des peines, une sentence lapidaire résumait la situation: l'Afrique exploitée, spoliée et dépouillée, gisait à demi-morte, abandonnée au bord de la route de la mondialisation et du développement, attendant le Bon Samaritain: le Christ et son instrument de salut qu'est l'Eglise, afin de la relever et la prendre en charge. C 'est l'Afrique des conflits et des guerres, l'Afrique des colonels et des dictateurs, l'Afrique des multinationales, du sous-développement, de la pauvreté et de la misère. Par ailleurs les lumières, les espoirs et les joies de l'Afrique étaient synthétisés par deux autres mots lapidaires: Synode de résurrection et Eglise-famille de Dieu. C'est avec ces axes bipolaires que l'Eglise en Afrique entendait affronter, avec un zèle renouvelé sa mission évangélisatrice vers l'an 2000.

 

La célébration du Synode ainsi que les événements de l'histoire africaine contemporaine au Synode africain venait comme confirmer ces joies et ces angoisses de l'Afrique. Inaugurés solennellement par Jean Paul II dans une liturgie inculturée empruntée au Rite Zaïrois, les travaux du Synode se concluaient sans le Saint-Père. Celui-ci gisait à la Clinique Gemelli, avec une fracture du col du fémur, comme si le Seigneur lui faisait vivre dans sa propre chair les souffrances et la Croix des peuples d'Afrique que le Pape aimait tant. En effet, le Synode s'était ouvert 4 jours après le déclenchement du génocide rwandais et l'invasion du Zaïre par les Interhamwe et les Hutus. Ces événements planeront sur les travaux du Synode à l'instar d'un nuage très sombre. Mais, huit jours avant la clôture du Synode, une aire nouvelle s'annonçait pour l'Afrique à travers la renaissance de l'Afrique du Sud et l'instauration de la démocratie dans ce pays, laquelle signait de manière irréversible la fin du régime de l'Apartheid. Le salut de Dieu est à l'œuvre en Afrique: Notre Dieu est un Dieu qui sauve (Ps 68 (67),21).

 

Douze années se sont écoulées depuis lors. Au plan politique et socio-économique l'histoire de notre pays,la RDCongo, a été caractérisée par l'aventure de l'AFDL et du RCD avec ses différentes composantes, l'occupation illégale et la partition de notre pays, avec les autres guerres et conflits rwando-ougandais dans la ville de Kisangani, les massacres de Tingi-Tingi et la forêt d'Ubundu, les migrations et le grand nombre de réfugiés, les kadoghos et les enfants-soldats.

 

A cette situation, l'Eglise en Afrique en général, dans les pays des Grands Lacs et en RDC ainsi que dans notre archidiocèse en particulier a opposé, au plan pastoral, l'Evangile de la paix, l'évangile de la vie, de la justice et de la paix, l'Evangile de l'Eglise-famille, de l'Amour et de la fraternité, afin d'endiguer les conséquences néfastes de la haine, des rancœurs, de la vendetta. Le Synode diocésain a été chez nous la matrice de ces efforts pastoraux. Force est de reconnaître cependant que la conjoncture générale du pays a fortement entravé la mise en œuvre des résolutions de notre Synode. Espérons contre tout espoir que la situation globale sera moins précaire dans un proche avenir. En tout état de choses , le peuple a trouvé en permanence dans l'Eglise comme une mère-poule, soucieuse d'offrir à tous un refuge, un réconfort , la lumière.

 

Considéré au niveau de toute l'Afrique, la situation décrite par le Synode Africain n'a guère fort évolué. L'Afrique des guerres et des conflits continue sans désemparer. Aussi est-il heureux que les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, après lui, aient respectivement décidé et confirmé la convocation d'une seconde assemblée synodale spéciale pour l'Afrique. Sa tenue est prévue pour le 15e anniversaire de la première assemblée synodale spéciale pour l'Afrique (2009). Toute l'Eglise Catholique en Afrique est invitée à une préparation soigneuse de cet événement de haute portée ecclésiale.

 

Le thème choisi par le Pape Benoît XVI pour cette assemblée synodale est d'une pertinence incontestable: L'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ‘Vous êtes le sel de la terre...Vous êtes la lumière du monde' (Mt 5,13.14). Le débat vient à point nommé après trente années de conflits armés en

Afrique.

 

Celle-ci a besoin de paix: la paix ou silence des armes, la paix des esprits et la paix des cœurs. Mais il n'y a point de paix sans pardon ni de pardon sans réconciliation. Et nous voilà au cœur de la mission même de l'Eglise-famille, lieu et sacrement de pardon, de réconciliation et de paix, ainsi que nous l'enseignent les évêques du SCEAM dans la lettre pastorale Christ est notre paix (Accra, 2001). En effet, l'Eglise continue, au nom du Christ, la médiation entre Dieu et les hommes. Le Centre de pastorale a eu raison de prendre en compte cet enseignement dans la préparation de l'Assemblée synodale.

 

Pour être pratique, il convient d'étendre la réponse aux Lineamenta jusqu'aux CEV. Il convient donc que les délégués des paroisses (curés, vicaires et vice-présidents des conseils paroissiaux de pastorale), sous la modération du Centre de pastorale et des vicaires épiscopaux, organisent des sessions de formation des formateurs à la base, afin de rendre ces réunions des CEV le plus fructueuses possible. Il faudra dans les échanges aider les fidèles à coller de près à la réalité quotidienne des dix dernières années. Un examen des résolutions et de l'esprit ecclésial de notre synode diocésain sera autant utile qu'opportun.

 

Cette année pastorale sera donc sous le signe de L'Eglise-famille de Dieu, sacrement et lieu de pardon, de réconciliation et de paix.Faisons preuve de créativité et d'imagination pour inventer de nouvelles voies de pardon et imaginer de nouvelles stratégies de réconciliation et de paix dans notre pays et ceux des Grands Lacs.

 

Fasse le Seigneur que notre communauté diocésaine reflète toujours davantage ce mystère de l'Eglise-famille de Dieu, pour que notre pays et l'Afrique deviennent un havre de paix et d'amour, de pardon et de réconciliation, de fraternité et de tolérance.

 

Sur ce, je déclare clos les travaux des Journées pastorales 2006.

 

 

 

 

 

+ L. MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kisangani

27.09.06

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