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JUBILE D’OR DE LA FTCK

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JUBILE D’OR DE LA FTCK

CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE

DU CONGO

P r é s i d e n c e

B.P. 3258 - Kinshasa/Gombe

Tél.: 00243 99 82 48699

Fax: 00243 12 20008

E-mail: conf.episc.rdc@ic.cd

JUBILE D'OR DE LA FTCK

Adresse de Mgr L. MONSENGWO PASINYA

 

1. La Faculté de théologie est en fête, elle qui, conformément aux dispositions canoniques de l'époque, a donné à l'Université Lovanium ses titres de noblesse d'Université Catholique en avril 1957. Aussi, à juste raison, toutes les Facultés catholiques de Kinshasa (FCK) s'associent-elles par solidarité à cette fête du jubilé.

 

2. La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), non sans fierté mais surtout avec une profonde reconnaissance à Dieu et à tous les protagonistes de cette belle œuvre, a le plaisir de se joindre aux célébrations du jubilé d'or de la fondation universitaire catholique dans notre pays.

 

3. Parmi les protagonistes de cette grande entreprise vient en priorité le Saint-Siège, qui a canoniquement érigé cette université par un décret de la Sacrée Congrégation des Séminaires et des Universités. Nous avons la joie de saluer la présence, en ces journées festives, de Son Eminence le Cardinal Zénon GROCHOLEWSKI, préfet de la Congrégation pour l'Education Catholique, à qui nous présentons nos sentiments fraternels et déférents. Nous le remercions d'avoir accepté de faire le voyage de Kinshasa, lui et Mgr Pascal IDE, pour nous porter la bénédiction et les encouragements du Saint-Père. Puisse Son Eminence se faire auprès de Sa Sainteté l'interprète de nos sentiments de gratitude pour tout l'appui reçu du Saint-Siège dans la vie et l'action scientifique de l'Université Lovanium et des FCK.

 

4. Nous saluons dans la même lancée Son Excellence Mgr Giovanni d'ANIELLO, Nonce apostolique en RDCongo, acteur et témoin au quotidien de cette sollicitude du Saint-Siège pour notre Eglise particulière.

 

5. Nous adressons nos respectueuses salutations au Chef de l'Etat qui a eu la délicatesse de prendre activement part à ces célébrations à travers son délégué et, par un geste généreux, a voulu aider à l'organisation plus aisée du Colloque et des manifestations du Jubilé. Ce geste du Président de la République augure, espérons-nous, d'une étroite collaboration entre l'Eglise et l'Etat, collaboration ce à laquelle l'Eglise Catholique est fort sensible.

 

6. Nous saluons aussi les honorables membres du Sénat et de l'Assemblée nationale, leurs Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement et les Corps constitués, leurs Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, les Membres du Corps diplomatique et les Représentants des Organisations internationales de même que tous les distingués invités, qui ont voulu rehausser de leur présence ces célébrations festives.

 

7. Nous saluons avec affection les évêques ici présents, membres de la CENCO ainsi que les invités des Conférences épiscopales-sœurs et les remercions de leur présence. Parmi eux nous saluons avec émotion Mgr Tharcisse TSHIBANGU, Evêque de Mbuji-Mayi et Vice-président de la CENCO, le plus beau fleuron de cette Université Lovanium dont il a été étudiant, professeur et recteur avant la fondation de l'Université Nationale du Zaïre (UNAZA), aux destinées de laquelle il a aussi présidé en qualité de recteur. Avec lui nous adressons une cordiale salutation à tous les anciens professeurs et étudiants de cette université: évêques, prêtres, religieux(ses) et laïcs.

 

8. Parmi ces personnalités dignes d'un éloge particulier, nous saluons Mgr Alfred-Jules VANNESTE, fondateur, grand professeur et doyen de la faculté de théologie de l'Université Lovanium. Nous le félicitons et le remercions pour la ténacité, la conviction et la détermination avec lesquelles il a toujours voulu faire de cette faculté une grande école de théologie à la mesure de celles dispersées à travers le monde. Comment ne pas associer à cet éloge d'abord Mgr Maurits PLEVOETS, secrétaire académique et mémoire vivante de l'Université Lovanium, avant de devenir aux Facultés Catholiques de Kinshasa (FCK) le secrétaire académique puis secrétaire du Conseil d'administration ensuite l'Abbé Vincent MULAGO, le premier professeur africain de la Faculté de théologie et fondateur du Centre d'Etudes des Religions Africaines (CERA) et des Cahiers des religions africaines, dont l'ardeur n'a jamais faibli dans son combat pour un visage africain du christianisme Mgr Joseph NTEDIKA, théologien et historien solide, premier doyen africain de la FTCK, auquel succéderont Monsieur l'Abbé Dosithée ATAL (1978) et Monsieur l'Abbé Paul BUETUBELA (1985),avec le nouveau titre de président du Comité de direction. Parmi les anciens doyens nous ne pouvons oublier feu le Père René DE HAES,s.j., qui servira cette institution jusqu'au sacrifice suprême. Mentionnons finalement le Père Léon de SAINT MOULIN, s.j., le premier directeur (1988) des Archives ecclésiastiques Mr l'Abbé Stéphane KAOZE.

 

9. Enfin, last but not least, nous ne remercierons jamais assez la Conférence épiscopale belge et l'Université Catholique de Louvain pour la clairvoyance, la grande vision missionnaire et la ferme volonté dont ils ont fait montre, en décidant de fonder au cœur de l'Afrique une grande université catholique, pour laquelle elles n'ont pas lésiné sur les moyens nécessaires en ressources humaines et matérielles.

 

10. En effet, c'est en 1950 que l'Episcopat belge, sous la présidence de Son Eminence le Cardinal VAN ROEY, archevêque de Malines, décida de créer à Léopoldville, la capitale du Congo, un centre d'études supérieures, qui serait organisé et dirigé par l'Université catholique de Louvain (Décret Afrorum amplissimas regiones). Ledit centre serait le couronnement de trente années de travaux préliminaires qui avaient amené la fondation d'écoles médicales, agricoles et administratives (Ibid.). Le centre susmentionné prendra le nom de Lovanium et ouvrira ses portes le 15 janvier 1954, avec quatre facultés: Philosophie et Lettres, Sciences, Médecine, Sciences sociales et administratives ainsi qu'un institut agronomique. C'est à ces facultés que sera ajoutée en 1957, par le décret Afrorum amplissimas regiones du 25 avril de la même année, une faculté de théologie avec l'érection canonique de l'Université catholique Lovanium.

 

11. Dans le décret Afrorum amplissimas regiones, le Saint-Siège dévoile fort subtilement son projet de développement intégral de l'Afrique, tout en manifestant in obliquo à la nouvelle Université Catholique Lovanium la mission que l'Eglise Catholique lui confie. Après avoir clairement affirmé l'amour maternel de l'Eglise Catholique vis-à-vis des immenses territoires de l'Afrique et sa sollicitude vigilante envers tous les peuples de cet immense continent, le Saint-Siège en donne la raison d'être et la finalité, à savoir: d'une part, rendre (ces peuples) plus rapidement et plus pleinement capables de jouir du bien-être temporel et du salut éternel, en embrassant notamment la Vérité immuable qui ouvre la route vers la vraie Vie, et d'autre part, les réunir tous en un seul troupeau, sous un seul Pasteur. Autrement dit, le souci qu'a l'Eglise catholique de promouvoir le développement intégral des peuples africains, ce grâce à une meilleure connaissance et à l'adhésion à la vérité de l'Evangile dans l'unique troupeau de Jésus Christ, ce souci, disais-je, doit être partagé par la nouvelle université catholique.

 

12. Quant aux circonstances de l'érection canonique de l'Université catholique Lovanium, elles conduisent à la même conclusion. Le décret Afrorum amplissimas regiones est daté du 25 avril 1957, en la fête de Saint Marc l'Evangéliste, qui, le premier, a prêché le Christ en Afrique, à Alexandrie. Cette mention de la prédication (de l'Evangile) du Christ (par Marc) en Afrique me paraît indiquer ce que l'on attend de notre université, à savoir l'annonce du Christ en Afrique. L'Université Lovanium était ainsi appelée à participer de manière spécifique à l'œuvre exaltante de l'évangélisation de l'Afrique.

 

13. Par ailleurs, en parlant du salut temporel et éternel (ad temporalem aeternamque salutem), auquel doivent à terme accéder les peuples d'Afrique, le décret fondateur donne une claire indication sur l'orientation des facultés à créer au sein de l'Université Lovanium. Il faut privilégier celles qui promeuvent la formation intégrale de l'homme. Ceci est un souhait manifeste de voir cette université devenir une vraie Studiorum Universitas, dont les recherches pluridisciplinaires assureraient ce que le Pape Paul VI appellera 20 ans plus tard dans l'encyclique Populorum Progressio: un développement intégral et solidaire, fondement et condition de la paix mondiale.

 

14. Enfin un fait apparemment banal qui est tout un symbole, se situe dans la même direction. En nommant comme fondateur et recteur de l'Université Lovanium le Chanoine (Mgr) Luc GILLON, un prêtre docteur en physique nucléaire (plutôt qu'en théologie) et manager hors pair, l'Eglise catholique ne fondait-elle pas, sciemment ou inconsciemment, les bases solides d'un fructueux dialogue entre foi et science? La faculté de théologie venait donc à point nommé comme un complément et un outil indispensable dans ce dialogue.

 

15. Mais une faculté de théologie en Afrique n'a de sens que si elle apporte une contribution spécifique à l'effort commun de la fides quaerens intellectum ou dialogue entre foi et raison, c'est-à-dire si, par une double fidélité - à la Tradition Apostolique comme norma normans et à la tradition ecclésiastique comme norma normata - elle prend en compte les valeurs authentiques de la culture africaine. C'est pourquoi, au dialogue nécessaire entre foi et science, s'ajoute le dialogue entre foi et culture. Comme le dit le pape Jean-PaulII : La synthèse entre culture et foi n'est pas seulement une exigence de la culture mais aussi une exigence de la foi. Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, pas entièrement pensée, pas fidèlement vécue (Discours à l'Université de Coimbre). On comprend pourquoi le problème de l'inculturation comme propos d'une théologie africaine a toujours été au cœur des préoccupations majeures de notre Faculté de théologie d'autant que les prêtres noirs venaient de s'interroger en 1956. Mgr VANNESTE et Mgr TSHIBANGU ont eu le mérite de lancer le débat sur la théologie africaine dès les premières années de notre faculté. Point n'est besoin de nous étendre sur le sujet, la directive on ne peut plus claire du Concile Vatican II dans le décret Ad Gentes, n 22, constitue une balise sûre en cette matière. Quant à nous, nous considérons que le dossier du pluralisme théologique et de l'inculturation constitue désormais un acquis incontestable.

 

16. En résumé, une haute école de théologie au cœur de l'Afrique, en vue de l'annonce de l'Evangile de Jésus Christ par une approche pluridisciplinaire dans une vraie Universitas Studiorum, en vue du salut intégral (bien-être temporel et bonheur éternel) des peuples africains appelés eux aussi à faire partie de l'unique troupeau de Jésus Christ, annonce qui doit tenir compte des authentiques valeurs culturelles africaines, telle fut dès le départ la vision qu'avaient de la mission de l'Université catholique Lovanium l'Eglise catholique et les fondateurs de cette institution. La CENCO, héritière de celle-ci des mains de l'Episcopat belge, ne s'est jamais départie de cette vision, enrichie et complétée au fil des années, ainsi que les évêques l'ont défini, en assignant aux FCK les finalités suivantes:

 

1) Contribuer par l'enseignement à la formation d'hommes et de femmes aptes à promouvoir le développement de la société civile et de l'Eglise. Cette formation comprend une éducation humaniste, une préparation professionnelle et une éducation aux valeurs évangéliques.

 

2) Promouvoir la recherche scientifique dans le but d'explorer et de faire connaître la vérité. Cette recherche comprend:

 

a. La recherche d'une synthèse afin de déterminer le lieu et le sens des différentes disciplines et de leurs nouvelles découvertes dans le contexte d'une vision de la personne humaine et du monde qui est éclairée par l'Evangile

 

b. Une attention particulière à la recherche dans le secteur qui touche à la foi, à la morale, à la vie de l'Eglise dans le monde contemporain, et aux problèmes particuliers aux individus et à la société d'aujourd'hui

 

c. Une étude des différentes cultures et civilisations pour faciliter le dialogue entre ces cultures et l'Evangile.

 

3) Rendre divers services à la société dans laquelle elles (FCK) vivent, pour la promotion de sa culture et de son développement économique et social.

 

4) Créer une communauté universitaire dont tous les membres sont aidés dans leur développement spirituel et professionnel, dans leurs dimensions personnelles et communautaires

 

5) Exercer une fonction critique, en examinant, d'un point de vue chrétien, les valeurs et les normes qui prédominent dans la société contemporaine.

 

6) Promouvoir l'oecuménisme et le dialogue entre la foi chrétienne, les religions et les cultures du monde.

 

Les FCK, en conformité avec les options de la CENCO, accordent une place de choix à la recherche sur la pensée et la réalité africaines.

 


CONCLUSION

 

Dès le départ la Croix du Christ a été plantée au milieu de l'Université Lovanium. Elle est née en 1954 dans le climat conflictuel et délétère de débats sur la question scolaire qui a fait dire à Monsieur Auguste BUISSERET, Ministre de la Colonie, que la fondation d'une université au Congo était prématurée. Mais ce climat n'empêcha ni la fondation de l'université officielle d'Elisabethville (1956) ni l'enracinement de l'Université catholique Lovanium (1957). Mais ce climat rattrapera notre université dix-sept ans plus tard et entraînera l'étatisation de l'Université catholique Lovanium (1971) et la suppression des Facultés de théologie catholique, protestante et kimbanguiste au sein de l'UNAZA (1975).

 

Mais 1954, c'était aussi la grande année mariale commémorant le centenaire du dogme de l'Immaculée Conception. Parler de l'Immaculée Conception, c'est évoquer le Protévangile, compris au sens plénier. Plus encore, en dépit des turbulences liées à la lutte pour l'indépendance, l'Eglise catholique affirmera sans ambages son projet missionnaire et évangélisateur pour les peuples d'Afrique et du Congo dans l'instauration de la Hiérarchie ecclésiastique au Congo le 10 novembre 1959. Ces signaux positifs me semblent révélateurs du salut annoncé dans le Protévangile (Gn 3,15) et annonciateurs d'une espérance qui ne déçoit pas(cf. Rm 5,5)...

 

C'est fort de cette espérance que je déclare ouverts les célébrations festives du cinquantenaire et du jubilé d'or de la Faculté catholique de Kinshasa et de l'Université catholique Lovanium.

 

 

 

 

 

+ L. MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kisangani Président de la CENCO

Grand Chancelier des FCK

22.04.2007

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