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MEMORANDUM A MONSIEUR ALBERTO CHISSANO,

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MEMORANDUM A MONSIEUR ALBERTO CHISSANO,

CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE

DU CONGO

P r é s i d e n c e

B.P. 3258 - Kinshasa/Gombe

Tél. 00243 998248699

Fax : 00243 1220008

E-mail : conf.episc.rdc@ic.cd

MEMORANDUM A MONSIEUR ALBERTO CHISSANO,

PRESIDENT DU COMITE INTERNATIONAL DES SAGES

Subsidiairement aux principes énoncés dans les déclarations pertinentes de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) sur la transition politique en général et en particulier les déclarations du 1er mai, 24 juin, 20 juillet, 27 juillet et du 12 août 2006, la CENCO soumet à l'attention du Comité International des Sages (CIS) certaines considérations pouvant l'aider dans l'accomplissement harmonieux de sa mission.

 

1 Créer les conditions de paix:

  • - La vérité et la transparence dans la gestion des résultats des scrutins,
  • - La vérité, la justice et l'équité doivent primer sur les solutions de politique politicienne,
  • - L'urgence de la création d'une armée républicaine intégrée,
  • - Le refus de toute forme de violence d'où qu'elle vienne.

 

2 Affirmer en paroles et en actes la neutralité et l'indépendance absolue du CIS:

  • - neutralité vis-à-vis des parties congolaises,
  • - neutralité vis-à-vis des institutions internationales impliquées dans le processus électoral,
  • - neutralité dans l'interprétation des textes de lois régissant le processus électoral.

 

3 Refuser la partition du pays par suite d'une interprétation partisane des résultats. Le peuple congolais tient à l'intégrité territoriale du Congo du 30 juin 1960, garantie du reste par la Constitution de la République (cf. Constitution, Art. 1er).

 

4 Créer des mécanismes de pardon et de réconciliation nationale dans la paix et la justice. Le pardon et la réconciliation, dont nous parlons, doivent aller bien au-delà d'un Common agreement purement politique, pour se situer sur le plan de l'amour et de la fraternité humaine et nationale.

 

5 Pacta sunt servanda: Aucun accord politique ne peut tenir sans le respect de la parole donnée.

 

6 Incitation des hommes politiques au dialogue et à l'acceptation des résultats dans l'humilité et le fair-play, restant sauf le principe de la vérité des urnes (cf. Déclaration de la CENCO à l'issue des élections nationales: La paix dans la vérité des urnes).

 

7 Toute décision, de quelques institutions que ce soient, doit en toute priorité viser l'intérêt supérieur de la nation congolaise.

 

8 Le CIS doit viser à créer dans le pays et auprès de la Communauté Internationale un esprit de partenariat où les uns et les autres trouvent leur compte.

 

9 Le CIS doit amener les anciens belligérants à renoncer absolument à la guerre et aux conflits armés pour la solution de leurs problèmes.

 

10Le CIS doit conduire les politiciens congolais à une vision commune - fût-elle plurielle - de la reconstruction de l'Etat et de la renaissance nationale.

 

11Le CIS doit, à cet effet, préparer une mise en œuvre efficace des résolutions du Sommet de Dar-es-Salaam, notamment en ce qui concerne le redressement de la RDCongo.

 

En guise de conclusion, la CENCO invite le CIS à s'inspirer des indications fournies par le Pape BENOIT XVI dans son message pour la Journée Internationale de la Paix 2006: Dans la vérité, la paix, de même que dans son discours au Corps diplomatique, le 9 janvier 2006: L'engagement pour la vérité conduit à la paix (Doc. Cath. n 2349, 2006, p. 2-6 n 2351, 2006, p. 102-106). Dans cette période délicate d'un équilibre politique très fragile, tout soupçon de fraude, tout déficit de clarté et de transparence engendreront la méfiance et l'impossibilité de tout dialogue dans la sérénité et la convivialité.

 

 

Fait à Kinshasa, le 18 août 2006

 

 

 

 

 

+ L. MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

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